Thèse de doctorat

Contribution à une redéfinition de l'autonomie financière des collectivités territoriales

Matthieu Rouveyre

Université de Bordeaux, École doctorale de droit (ED 41)

Soutenue le 20 mai 2022. Direction : Alain Pariente

Résumé

Cette thèse propose une redéfinition du concept d'autonomie financière des collectivités territoriales en dépassant le cadre posé par la révision constitutionnelle du 28 mars 2003.

Constat : l'autonomie financière ne protège pas la libre administration

La loi constitutionnelle de 2003 a introduit le principe selon lequel les « ressources propres » des collectivités doivent représenter une « part déterminante » de leurs ressources totales. Or, ce ratio intègre des recettes sur lesquelles les collectivités n'exercent aucun pouvoir de décision significatif.

Surtout, ces ressources propres servent principalement à financer des dépenses imposées : dépenses obligatoires prescrites par la loi, normes réglementaires, charges transférées. Or, des dépenses imposées ne peuvent pas relever d'une réelle libre administration. L'autonomie financière, telle qu'elle est aujourd'hui conçue à travers un ratio de recettes, est donc structurellement inapte à protéger la libre administration qu'elle est pourtant censée garantir.

Proposition : refonder l'autonomie sur la nature des dépenses

Puisque la libre administration se réalise dans la capacité à décider de ses dépenses, la thèse propose de déplacer le regard des recettes vers les dépenses. L'autonomie financière devrait être mesurée à l'aune de la part des dépenses sur lesquelles les collectivités exercent un réel pouvoir de décision. Cela implique de distinguer :

  • Les dépenses imposées, celles qui résultent d'obligations normatives (dépenses rendues obligatoires par la loi, normes réglementaires, charges transférées sans compensation intégrale)
  • Les dépenses choisies, celles qui relèvent de la libre décision des assemblées délibérantes

Le mécanisme du coût médian constaté

Pour rendre opérationnelle cette distinction, la thèse propose un mécanisme de « coût médian constaté » : l'État rembourserait les collectivités du coût médian des dépenses imposées, laissant à leur charge les écarts par rapport à cette médiane. Ce dispositif permettrait de concilier compensation des charges transférées et responsabilisation des gestionnaires locaux.

Structure de la thèse

La thèse s'organise en deux parties :

  1. Première partie. La démonstration que l'autonomie financière, fondée sur un ratio de ressources propres, est inapte à protéger la libre administration des collectivités territoriales
  2. Seconde partie. La proposition d'un nouveau cadre d'analyse fondé sur la nature des dépenses et d'un mécanisme opérationnel de mesure et de compensation

Données de la thèse

DisciplineDroit public
DirecteurAlain Pariente
LaboratoireInstitut Léon Duguit (ILD)
École doctoraleED 41, Droit
UniversitéUniversité de Bordeaux
Date de soutenance20 mai 2022
Pages748
Identifiant HALtel-03857273

décentralisations.org

Plateforme de recherche sur la décentralisation, par Matthieu Rouveyre.

Membre associé de l'Institut Léon Duguit, Université de Bordeaux

© 2026 Matthieu Rouveyre. Tous droits réservés

Données financières : DGFiP / OFGL